La grainothèque de Neuchâtel, idéale pour découvrir et partager des semences locales

La grainothèque de Neuchâtel, idéale pour découvrir et partager des semences locales

24 février 2020 0 Par Claudine

Avant le printemps, pensez à la grainothèque pour trouver et partager de belles graines locales… Une magnifique occasion de préserver le patrimoine de semences régionales tout en soutenant les échanges et la découverte.

La grainothèque de Neuchâtel, c’est quoi ?

La grainothèque, ou « banque de graines » de Neuchâtel, se situe dans la bibliothèque publique et universitaire de la ville, Place Numa-Droz 3. Joli cabinet de bois sur roulettes, il offre un espace d’accueil et d’échange pour les semences que les utilisateurs auront bien voulu y déposer. C’est l’occasion de faire découvrir des variétés qui vous ont plu, d’en trouver de nouvelles, et de partager votre surplus de graines. Une action d’autant plus utile que le patrimoine génétique des graines a tendance à s’amoindrir constamment sous la pression de l’agriculture conventionnelle, qui privilégie les variétés les plus productives sans se soucier de leur caractère local – ou non ! (voir à ce sujet un court article d’Olga Yurkina publié dans Le Temps, ainsi qu’un article plus détaillé de Pro Specia Rara concernant le traité sur les semences de la FAO visant à protéger la diversité des semences).

Comment utiliser la grainothèque ?

Comme l’explique le dépliant de la grainothèque, toutes les sortes de graines peuvent y être déposées. Cependant, quelques règles sont à respecter :

  • Les graines issues de jardins traités aux produits chimiques, de même que les graines hybrides « F1 » (donnant des plantes dont le rendement baisse chaque année, obligeant agriculteurs et jardiniers à acheter de nouvelles graines chaque saison) et de plantes invasives et envahissantes, ne sont pas acceptées.
  • Les graines dont vous ne connaissez pas la provenance ne peuvent pas non plus y être déposées… Ni celles dont vous ignorez la variété exacte. Par exemple, les graines provenant de courges « sauvages » ayant poussé toutes seules dans votre compost, pourraient bien être une variété hybride immangeable qu’il vaut mieux, par précaution, ne pas partager dans la grainothèque.
  • Les graines déposées dans la grainothèque doivent être triées et stockées dans des enveloppes en papier comportant le nom de la variété, sa dénomination latine si vous la connaissez, ainsi que les informations de récolte (lieu et date).
  • Les graines de légumineuses, pouvant loger des insectes ravageurs, doivent être congelées durant une semaine avant d’être transmises à la grainothèque, dans leur jolie enveloppe papier comme les autres.

Pour préserver le patrimoine semencier de notre région, l’idéal est bien entendu de partager des graines issues de variétés régionales. Sachez également qu’au fil des ans, les plantes évoluent en fonction des conditions locales, s’adaptant ainsi de mieux en mieux au terroir dans lequel elles poussent (c’est le principe de l’évolution) ; en utilisant des semences provenant de variétés et de plantes locales, vous aurez donc plus de chances d’obtenir des plants résistants et productifs dans vos conditions particulières régionales.

Pour le bien de tous, n’oubliez pas de la nourrir !

La grainothèque de Neuchâtel a visiblement beaucoup de succès… Alors, à votre échelle, même s’il ne s’agit que d’un sachet de quelques semences, pensez à la nourrir à votre tour afin que toutes ces graines de bonheur se propagent de plus belle !

La grainothèque, un joli espace de partage au coeur de la bibliothèque publique de Neuchâtel.